Inscriptions des vers de poésie Al-Burda à l’intérieur de la fontaine de Sīdī Ben Slīmāne El-Jazūlī

Oumaima Loudini, Conservatrice-restauratrice du patrimoine

Sur les deux faces latérales à l’intérieur de la fontaine de Sīdī Ben Slīmāne El-Jazūlī, deux frises en plâtre, qui n’existent plus, surmontaient les zelliges. Les frises peuvent être observées grâce à la photographie ancienne de 1920 (Collection d’archives de la maison de la photographie de Marrakech).

En 1956, Gaston Deverdun a indiqué dans son livre « Inscriptions arabes de Marrakech » que ces deux faces latérales contiennent des inscriptions sur plâtre. Il s’agit certainement de la frise située directement au-dessus des zelliges anciens, visible sur la photo de 1920 et qui existait encore en 1956.

Face latérale sénestre de l’intérieur de la fontaine entre 1920 et 2020 (Glisser pour voir la comparaison)

A propos de ces inscriptions, Deverdun a dit qu’il s’agissait de quatre vers célèbres de la Burda[1] dont les hémistiches sont inscrits dans des cartouches séparées par des motifs décoratifs. Le deuxième vers, à gauche, a ajouté Deverdun, était très usé à cette époque.

وَمَنْ تَكُنْ بِرَسُولِ الله نُصْرَتُهُ                                      إِنْ تَلْقَهُ الأُسْدُ في اَجامِهَا تَجِمِ

وَمَنْ تَكُنْ بِرَسُولِ الله نُصْرَتُهُ                                      إِنْ تَلْقَهُ الأُسْدُ في اَجامِهَا تَجِمِ

مَنْ يَعْتَصِمْ بِكَ يا خَيْرُ الوَرَى شَرَفًا                                     اللهُ حَافِظُهُ مِنْ كُلِّ مُنْتَقِمِ

وَلَنْ تَرَى مِنْ وَلِيّ غَيْرِ مُنْتَصرِ                                     بِهِ ولا مِنْ عَدُوٍّ غَيْرِ مُنْقَصِمِ

Ces vers sont traduits dans ce même livre comme suit :

1 et 2) Quiconque reçoit l’assistance du Prophète de Dieu, les lions se taisent quand ils le rencontrent dans leurs fourrés.

3) Quiconque se met sous ta protection, ô la plus noble des créatures ! Dieu le défendra contre toute injustice.

4) Tu ne verras pas un ami (du Prophète) qui ne reçoive son secours, ni un de (ses) ennemis qu’il n’ait anéanti !

Deverdun signale que le premier vers cité sur ces frises est également gravé sur le sceau du sultan Sīdī Muḥammed Ben Abdellah qui s’est intéressé à ce sanctuaire.


[1] Une ode de louange pour le prophète de l’Islam, Muḥammed, composée par l’éminent mystique soufi Imam al-Busiri. Elle est considérée comme la poésie la plus récitée dans le monde musulman.

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